#JeSuisCharlie #CharlieHebdo

 

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Dans le hall de la gare de Montpellier, tout était étrangement calme tout à l’heure. Je me souvenais du 11 sept 2001, j’étais dans le hall de l’aéroport de Bordeaux ce jour là, peu après avoir appris la terrible nouvelle des attentats aux USA. Etranges similarités. Je suis maintenant dans le TGV qui fonce à pleine allure vers la ville du drame d’aujourd’hui. Les gens autour de moi ont l’air tranquille. Moi je suis dans une tristesse solitaire. C’est pourquoi j’écris, pour partager.

On pense d’abord aux morts (tous), à la souffrance, leurs proches. Et en même temps, il est impossible de ne pas penser aussi aux symboles. Très loin de moi l’idée de comparer les attentats du 11 septembre 2001 et ce qui s’est passé aujourd’hui chez Charlie Hebdo (pour s’en tenir aux morts et à la souffrance, en dehors de tout le reste, nous ne sommes pas sur les mêmes « échelles », etc.). Mais sur le plan symbolique, lors du 11 septembre, les assassins se sont jetés sur le Pentagone, symbole de la puissance militaire américaine, et à New York, sur les tours jumelles, symboles de la puissance économique américaine. A New York, le 11 septembre 2001, Ils ne s’étaient pas jetés sur la statue (française et symbole) de la liberté. A Paris, en France, aujourd’hui, ils se sont jetés sur des « statues vivantes de notre liberté » en ce 7 janvier 2015, une date qui à mon sens sera historique.

Nous sommes sous le choc, l’émotion, mais il faudra dépasser cela, ne pas jouer le jeu et le cercle vicieux de la colère et de la haine. Mais il ne faut pas oublier et tourner la tête dans quelques semaines. Ce n’est pas un fait divers sur-médiatisé auquel nous avons affaire. Il faut sortir du registre émotionnel qu’on peut nous infliger, nous servir et stigmatiser de plus en plus. Je me dis qu’en s’attaquant au coeur des symboles même de notre liberté d’expression, peut être que cela nous donne l’occasion de nous poser la question de savoir si nous tenons encore aux principes de liberté, de tolérance et si oui, comment enrayer et dépasser tout cela. Ne nous voilons pas la face. Nous vivons une crise identitaire et du « vivre ensemble » depuis quelques années. Comme l’a dit aujourd’hui l’Imam porte-parole des musulmans de France : « ces journalistes sont morts en martyr de la liberté », propos repris en français par John Kerry, le secrétaire d’état US.

Non ils n’ont pas tué Charlie Hebdo. Maintenant nous sommes tous Charlie.

 

Dessin par Gabi Campanario
« Freedom of speech is a flame that can never be extinguished »