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Les RIA signent la fin de la frontière entre le web et les applications métier

Innovation et Usages numériques, Mes billets, UX, Ergonomie et Facteurs Humains Commentaires (1)

Vers plus de diversité ou d’uniformité des interfaces utilisateur ?
Quels bénéfices pour les utilisateurs ? Pour les entreprises ?

Avant les RIA

« Autrefois », à l’époque du web 1.0, nous avions :
– d’un côté, un web statique, pour consulter des pages de contenus textuels et des images, accessibles depuis un logiciel de navigation web.
– d’un autre côté, des logiciels pour travailler sur un ordinateur, saisir des contenus, réaliser des traitements, transactions, opérer de la manipulation de données, etc.

Les RIA, une évolution logique des interfaces utilisateur

Grâce à l’évolution du haut débit et des technologies web, les Rich Internet Applications (applications internet riches) sont apparues : des applications web pouvant fonctionner sur divers supports (ordinateurs, terminaux mobiles, smartphones, tablettes tactiles, etc.) dans un navigateur web ou une application autonome. Ces RIA peuvent reposer sur diverses technologies (bibliothèques Javascript, JavaFX, Adobe Flex, Microsoft Silverlight, etc.).

Tout en exploitant le côté visuel et immersif du web, elles offrent des caractéristiques similaires aux logiciels traditionnels. Il en résulte plus d’interactivité avec l’utilisateur, de fluidité de l’interface, la présence de composants « riches » : panneaux flottants / dépliants, drag’n drop, réglettes, indicateurs de progression, auto-complétion et autosuggestion, fonctionnalités et affichages informationnels contextuels et flottants, etc. Bref, tout un ensemble d’éléments qui peuvent contribuer à l’amélioration de l’expérience utilisateur.

Leur développement est également lié à :

– l’émergence du web 2.0 : l’internaute n’est plus passif devant le contenu, mais producteur de contenu, contributeur, utilisateur d’outils de simulations, de commandes de produits en ligne, etc., ce qui sous-tend de plus en plus d’interactivité.
– la banalisation du multimédia sur le web avec l’audio et la vidéo, permettant notamment la visioconférence,
– la diversification et l’émergence de supports de type tactiles et des modes d’interactions « naturellement intuitifs » (Natural User Interface). : smartphones, tablettes, vitrines et bornes interactives, réalité augmentée, etc. qui nécessitent des interfaces utilisateurs très dynamiques, animées, une interactivité accrue.

Du côté des entreprises, on constate :

– une quantité de données croissante et une multiplicité des types de données à manipuler dans beaucoup de métiers,
– un auditoire des applications de plus en plus large (de l’opérationnel au décideur),
– des usages et des exigences en pleine évolution chez les collaborateurs, boostés par leurs usages personnels du web, le mobile et les nouveaux supports.

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De nombreux avantages dans le domaine professionnels et les entreprises

D’abord, des avantages techniques :

– les applications RIA peuvent fonctionner dans un simple navigateur web sur divers supports, ce qui facilite le déploiement et la maintenance, à la différence des logiciels traditionnels, nécessitant une maintenance plus lourde.
– de plus, les applications RIA peuvent être utilisées en mode connecté au web / réseau d’entreprise ou en mode déconnecté, en stockant les données en local en mode hors connexion, en se synchronisant avec des bases de données distances lors des connexions. Ceci offre aussi de nouvelles possibilités concernant le stockage et la sauvegarde de données.

Des avantages en terme de fonctionnalités et de productivité :

– les RIA reposent sur les normes et standards d’internet, qui sont utilisées et éprouvées mondialement.
– les caractéristiques fonctionnelles des applications RIA permettent d’imaginer de nouvelles possibilités pour répondre à des besoins métiers
– l’utilisation du web s’est démocratisée au niveau du grand public. Reprendre des standards et des bonnes pratiques du monde du web au niveau interfaces utilisateurs des applications métier permet de faciliter l’apprentissage et l’appropriation des outils. Si les modes d’interactions sont « naturels » (disons « habituels » au regard de l’utilisation du web) dans l’application, l’apprentissage pourra se focaliser sur les aspects métier, et non sur l’apprentissage de l’interface de l’application elle-même. Cela, bien sûr, à condition que l’ergonomie de l’interface soit appropriée au regard des exigences métier, du contexte d’utilisation des applications, et des caractéristiques des utilisateurs. En effet, une interface riche n’est pas forcément une interface utilisable ! Ce point est essentiel et démontre la nécessité de méthodes de conception fondées sur des principes et méthodes d’ergonomie, centrés sur les utilisateurs.

Des avantages en terme d’image et de communication interne

Avec la généralisation du web grand public, l’ergonomie, la qualité et le graphisme des sites a beaucoup progressé, afin d’attirer, de séduire et surtout de fidéliser les internautes : c’est ce qu’on appelle L’expérience utilisateur.

Quand un individu utilise dans ses loisirs, même de façon ponctuelle, des interfaces utilisateurs efficaces, belles et agréables, il peut s’attendre à un bon niveau ergonomique et graphique des interfaces des applications qu’il va utiliser plusieurs heures par jour dans son activité professionnelle.
Le collaborateur n’est pas seulement un utilisateur, il est aussi une cible pour l’entreprise, il doit être séduit ! Cela est d’autant plus vrai avec l’arrivée sur le marché du travail d’individus qui ont grandit dans l’époque du « tout numérique » (les « Digital Natives« ).

Les RIA, en s’appuyant à la fois sur les bonnes pratiques du web, des logiciels traditionnels et de la communication, sont à même de répondre à ces niveaux d’exigences. Dés mai 2005, le cabinet Gartner présentait une étude prévoyant qu’environ 60% des nouvelles applications utiliseraient une technologie RIA en 2010.

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Homogénéisation, standardisation et productivité

La généralisation de normes, bonnes pratiques, la mise à disposition de composants d’interfaces utilisateur prêts à être intégrés directement dans les sites webs ou applications permettent :
– plus d’efficacité des sites webs et des applications,
– plus de productivité, côté utilisateur (métier ou grand public) mais aussi côté conception et réalisation de ces interfaces.

Quand on présente les choses de cette manière, on pourrait penser que cela va nous amener vers une uniformisation des sites web et des applications, qui vont tous se ressembler, et potentiellement une monotonie, que seules les chartes graphiques pourraient faire un peu varier ? Pour exemple, en ce moment, les clients nous demande beaucoup des graphismes « à la Apple » (les boutons iPhone, le carrousel « à la iTunes »). Il ne s’agit que de phénomènes de mode, transitoires.

En poussant le raisonnement encore plus loin, on pourrait imaginer qu’une entreprise mette à la disposition de ses collaborateurs et ses clients les mêmes interfaces. Nous avons rencontré cette situation chez un client qui a érigé ce principe dans le cadre d’un important projet de refonte des applications, dans le but de faciliter et améliorer la relation entre le client et les collaborateurs de l’entreprise. Ce concept est à manier avec une grande prudence. En effet, les objectifs, les contextes d’utilisation, le matériel et les caractéristiques des utilisateurs sont très différents côté client et côté collaborateur. On peut même supposer qu’il peut y avoir un fossé abyssal entre un client qui consulte l’outil en question 3 minutes par mois, et le collaborateur qui va passer plusieurs heures par jour sur un outil avec de nombreuses tâches et potentiellement des interdépendances entre d’autres outils, etc.

Il ne faut donc pas céder à un effet de mode et à la tentation des composants riches partout. Ce sont avant tout de formidables possibilités technologiques qui doivent être utilisées à bon escient.

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Une grande richesse des possibilités en terme de conception d’interface

En fait, nous ne pensons pas du tout qu’il y ait un risque d’uniformisation trop grande et de monotonie.

A l’inverse, les RIA fournissent une très grande diversité de possibilités en terme de navigation, d’interaction dans les interfaces et de représentations visuelles, afin de répondre au mieux aux besoins des utilisateurs, des organisations, et laisser libre cours à la créativité et l’imagination des ergonomes, des designers, architectes de l’information etc. pour produire des solutions originales et efficaces, génératrices de satisfaction et de plaisir.

C’est donc à tous les acteurs de la conception d’évoluer eux aussi dans leur pertinence et leur créativité pour être à la hauteur des possibilités technologiques qui sont offertes, face à des utilisateurs de plus en plus exigeants.

La diversification des typologies d’utilisateurs, la profusion des usages boostée par l’omniprésence des supports et d’internet auprès du grand public, la diversité des modes d’interactions (développement du tactile, de la réalité augmentée) ont rendu notre monde ubimédia, en décloisonnant l’espace personnel et professionnel. Dans cette évolution en cours, les RIA, en particulier, contribuent à la disparition de la frontière entre le monde du web et celui des logiciels.

Cet article a fait l’objet d’une publication sur Le Journal du Net.

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Le 29 mars 2011
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